Les adresses emails professionnelles ont-elles encore de la valeur ?

Ce billet de blog est cette fois davantage une petite interrogation personnelle qu’une réelle réflexion marketing approfondie.

Les adresses emails B2B ont longtemps été considérées comme ayant plus de valeur que les adresses emails personnelles. A ce  titre, elles ont été logiquement louées (ou parfois vendues) à des tarifs plus élevés. Cette valeur, plus ou moins reconnue par tous,  s’expliquait notamment par le fait qu’elles étaient potentiellement précieuses et difficiles à obtenir, notamment lorsqu’elles étaient précisément qualifiées (fonction, secteur, taille de l’entreprise, etc.). Ainsi, à l’époque de la Loi LEN en 2004, les propriétaires de bases email professionnelles se sont battus bec et ongles pour que l’obligation d’optin ne soit pas appliquée à leurs adresses B2B. Il s’agissait alors pour les organisateurs de salons et éditeurs des secteurs professionnels de pouvoir conserver et continuer à collecter les adresses pas forcément opt-in de leurs visiteurs et abonnés.

Depuis, les temps ont bien changé et ces acteurs ne sont plus en position de force ou même de « quasi-monopole ». Les procédures d’identification des contacts professionnels se sont multipliées par le biais des techniques de scraping et de growth hacking « pillant » les données des sites corporates et autres plateformes professionnels de type LinkedIn ou par certains dispositifs d’IP tracking en B2B. Une fois les cibles potentielles professionnelles identifiées, c’est devenu un jeu d’enfant de récupérer à faible coût, ou même parfois gratuitement, les adresses email correspondantes grâces à des services comme Email Hunter ou SNOV.io. Dans certains cas, les techniques de growth hacking appliquées à LinkedIn permettent même de récupérer en masse les adresses professionnelles visées sans devoir repasser par un service d’appending email.

Les adresses professionnelles étant devenues très accessibles, on peut donc penser qu’elles ont perdu une très grande partie de leur valeur de marché et de leur utilité; Et ceci d’autant plus que la non-obligation d’optin (sous certaines conditions) fait qu’elles sont intensément utilisées et donc de moins en moins favorables en termes de délivrabilité, de taux d’ouverture et de réceptivité des offres.

La vente ou la location de fichiers email salons B2B est probablement devenu un grand défi.

Bertrand Bathelot


 
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Commentaires (1)

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    Laurent Flores, Phd

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    Merci Bertrand… et les pros du tout ils en disent quoi? tu peux faire un témoignage de pro la dessus? merci

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